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Vaponaute, portrait d'une marque de vape parisienne

Par Antoine Rey · · 8 min de lecture estimée

Vaponaute, portrait d'une marque de vape parisienne
Source : Higgsfield (GPT Image 2)

Dans le paysage de la vape française, rares sont les marques qui ont construit un univers plutôt qu’un simple catalogue. Vaponaute fait partie de celles-là, avec une fascination pour l’aviation, le voyage et une certaine idée parisienne de l’élégance. Treize ans après sa création, la marque a pourtant changé de propriétaire, de packaging et même de noms de liquides. Que reste-t-il de son identité de départ, et que raconte son parcours de l’histoire de la vape en France ?

Qui est Vaponaute ?

Vaponaute est une marque française d’e-liquides et de matériel de vape, fondée à Paris en 2013 par Anne-Claire d’Izarny-Gargas et son conjoint Léopold. Elle se présente comme la première marque d’e-liquides et de cigarettes électroniques de luxe créée en France, une formule qui n’engage qu’elle. Depuis mars 2018, elle appartient au groupe Gaïatrend, l’exploitant d’Alfaliquid, qui fabrique désormais ses liquides. Son signe distinctif tient en un mot, l’aviation, qui irrigue ses noms de gammes, son matériel et son vocabulaire.

Une vape voluptueuse et raffinée, le parti pris des fondateurs

Dès ses débuts, la maison revendique une nouvelle approche de la vape, qu’elle veut voluptueuse et raffinée. En 2014, alors que la marque venait de sortir sa quatrième création, la presse spécialisée parlait déjà de « la maison au masque d’aviateur », d’un concept d’« e-voyage » et de flacons présentés dans un petit panier en lin.

Ce soin porté à l’objet relève d’un choix de positionnement. Là où beaucoup de liquidiers parlent d’abord de recettes, Vaponaute parle d’abord d’un imaginaire, et fait du flacon, du coffret et du nom de chaque référence les pièces d’un même récit.

La collection E-voyages, cinq saveurs selon le groupe, prolonge directement cette idée. La marque la décrit comme une invitation au voyage par les sens, destinée aux vapoteurs confirmés en quête de recettes complexes. Le catalogue se lit alors comme un carnet de route plus que comme une liste d’arômes.

L’aviation, la grammaire de Vaponaute

L’aviation n’est pas un décor posé après coup, elle sert de matrice à toute la marque. La collection Aces, consacrée aux saveurs classiques (de type tabac), est présentée comme un hommage aux pionniers de l’aviation, à ces hommes et ces femmes entrés dans l’histoire par leurs exploits.

Le matériel suit la même logique. Le groupe présente ce rayon comme une collection d’« aéronefs et pièces détachées » et destine ses mods et ses atomiseurs aux vapoteurs confirmés, avec des drip tips en téflon pour compléter l’offre. Si mod, atomiseur ou drip tip restent des mots flous, notre lexique de la vape les définit un par un.

Le fil rouge de ce matériel s’appelle La Petite Box, un mod électronique réédité en 2022 sous le nom VB22, puis prolongé en 2026 par le kit VB26. Selon sa fiche officielle, ce dernier s’inspire des lignes d’un fuselage d’avion et se décline en finitions Gunmetal ou Silver, en alliage de zinc.

On mesure là une constance peu commune. Plus d’une décennie après sa naissance, la marque continue de dessiner ses box comme des pièces de carlingue, avec des lignes, des courbes et des points qui renvoient à l’univers aéronautique plutôt qu’au gadget électronique.

Une maison qui produisait peu

Le deuxième trait de la marque tient à sa rareté assumée. En 2018, sa fondatrice annonçait un rythme de trois à quatre liquides et de deux pièces de matériel par an, avec la volonté de conserver le côté exclusif de Vaponaute.

Ce tempo lent allait de pair avec une distribution sélective et maîtrisée, présentée comme un principe fondateur. La société qui portait la marque, Vape Rituals, comptait alors quatre salariés et exportait vers dix-huit pays, selon les chiffres publiés au moment de son rachat.

Cette stratégie de niche explique un paradoxe. Très populaire auprès des vapoteurs les plus avertis, la marque est restée modeste en volume, loin des gammes pensées pour un premier achat.

2018, l’entrée de Vaponaute chez Gaïatrend

En mars 2018, le groupe Gaïatrend annonce le rachat de Vape Rituals, et donc de Vaponaute. Dans un entretien accordé quelques mois plus tard à la presse spécialisée, la fondatrice explique avoir cherché une structure plus solide pour la production et le suivi commercial, après les secousses de la TPD, la directive européenne sur les produits du tabac.

Le partage des rôles est net. Anne-Claire d’Izarny-Gargas et Léopold restent en charge de la création (arômes, matériel, packaging) et de l’image de marque, tandis que le groupe apporte sa force commerciale et une fabrication des liquides en interne.

Les liquides sont aujourd’hui fabriqués en France, dans l’unité de production du groupe située dans le Grand Est, avec un numéro de lot sur chaque flacon pour la traçabilité. Le savoir-faire français, que la fondatrice décrivait comme inhérent à l’ADN de la marque, a donc changé d’adresse sans changer de pays.

La refonte de la gamme Vaponaute en 2026

La transformation la plus visible est récente. Recettes et packagings ont été revus en profondeur, et la gamme s’organise désormais en trois familles, Vaponaute Classics, Vaponaute Fruity et Vaponaute Desserts.

Les formats changent eux aussi de logique. Les liquides de la refonte sont proposés en grand format sans nicotine, 50 ou 100 ml à compléter par une base ou un booster, avec un ratio 50/50 de propylène glycol et de glycérine végétale sur les fiches consultées. Ils existent aussi en arômes concentrés de 30 ml pour le DIY.

Le changement le plus parlant tient aux noms. Là où les Aces portent des noms comme Lady Lindy, Sweet Arrow ou Silver Stork, la refonte privilégie des intitulés descriptifs tels que Toasted Almond Classic, Coffee Classic ou Mint Fusion, qui annoncent l’ingrédient avant l’histoire. Les collections historiques restent toutefois référencées par le groupe.

Le matériel a suivi le mouvement avec le kit VB26, qui associe une box à accu 18650 externe de 80 W maximum et un clearomiseur VT26 de 4 ml, compatible avec les résistances PZP Max d’Innokin. Ses deux résistances fournies, de 0,4 et 0,2 ohm, l’orientent vers une vape aérienne, un registre que détaille notre article sur l’inhalation directe ou indirecte.

Ce que Vaponaute dit de la vape à la française

Le parcours de la marque condense une évolution plus large. Une création indépendante, née d’un couple de passionnés à Paris, rejoint un grand fabricant français et passe de quelques références par an à une gamme structurée par familles de saveurs.

Ce que la maison a préservé dit l’essentiel. Le refus de suivre les tendances à tout prix, que la fondatrice citait parmi les valeurs partagées avec son repreneur, se lit encore dans un matériel dessiné comme un objet d’aviation plutôt que comme un appareil générique.

C’est sans doute là que Vaponaute apporte quelque chose à la culture vape. Elle rappelle qu’une cigarette électronique peut relever du design et du récit, pas seulement de la fiche technique, de la même façon que le cloud chasing a fait de la vapeur elle-même un terrain d’expression.

Questions fréquentes

Quelques questions reviennent souvent autour de la marque, de son nom, de ses formats et de son matériel. Les réponses ci-dessous s’appuient sur les informations publiées par la marque et par son groupe.

Que signifie le nom Vaponaute ?

Le mot accole « vapo », pour vapeur, au suffixe -naute, celui des aéronautes et des astronautes. Cette construction s’accorde avec l’imaginaire du voyage et de l’aviation que la marque cultive depuis sa création.

Qu’est-ce que Vape Rituals ?

C’est la société qui portait Vaponaute à ses débuts, créée la même année que la marque. Le nom sert aussi de bannière à un laboratoire créatif des mêmes fondateurs, à l’origine de la collection Barakka.

Les e-liquides Vaponaute existent-ils avec nicotine ?

Les liquides de la refonte sont vendus sans nicotine, en grand format à compléter. La collection Aces, en flacons de 10 ml, se décline de 0 à 16 mg/ml de nicotine.

Les concentrés Vaponaute se vapent-ils purs ?

Non. Les arômes concentrés de 30 ml servent au DIY et doivent être dilués dans une base neutre, nicotinée ou non, avant toute vaporisation.

Le kit VB26 convient-il à un premier matériel ?

Il vise plutôt un vapoteur déjà à l’aise. Il fonctionne avec un accu 18650 externe qu’il faut savoir manipuler et recharger, et le groupe destine son matériel aux vapoteurs confirmés.

Vaponaute, une certaine idée de la vape parisienne

De la petite structure parisienne au catalogue d’un grand fabricant, la marque a changé d’échelle sans renoncer à son vocabulaire d’aviateur. Les noms de ses liquides ont évolué, ses formats aussi, mais son matériel continue de raconter le même voyage.

Pour qui s’intéresse à la culture vape, Vaponaute reste un cas d’école, celui d’une marque qui a voulu traiter la cigarette électronique comme un objet de style et de récit. Son histoire rappelle que la vape française s’est aussi construite par ses créateurs, et pas seulement par ses fiches techniques.

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Contenu éditorial indépendant réservé aux personnes majeures. La cigarette électronique contient de la nicotine, une substance susceptible d’entraîner une dépendance. Cet article n’est pas une recommandation d’achat.